Totus Tuus.

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Paroles :

Totus tuus

Totus tuus Maria ! Gratia plena, Dominus tecum !
Totus tuus, Ora pro nobis, Maria, Maria.

Documentation :

Totus tuus.

C’est parce que Jean Paul II les avait choisis comme devise épiscopale, puis pontificale, que ces deux mots sont aujourd’hui connus, répandus – et même chantés ! – dans l’Eglise. C’est aussi pour cette raison qu’ils ne sont pas non plus ignorés du grand public. Ce que l’on connait moins, en revanche, c’est leur signification profonde et la place qu’ils ont eu dans la vie de celui dont on a souvent parlé comme du « Pape de Marie ».

Le « Tout à toi » d’un saint français
Ces deux mots tirés de la phrase « Totus tuus ego sum » signifient « [je suis] tout à toi ». Jean Paul II les a empruntés à un saint français, Louis Marie Grignon, dit de Montfort, grand évangélisateur de l’ouest de la France au XVIIIe siècle et auteur d’un ouvrage de référence : le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge. C’est dans cet ouvrage que Jean Paul II a puisé, non seulement sa devise, mais plus largement, sa grande dévotion envers la Mère de Dieu.

Ce livre ne le quittera plus
Karol Wojtila a découvert le « Traité » à l’époque de l’occupation de la Pologne par l’Allemagne Nazie. Il travaille alors comme ouvrier dans une usine, et c’est un simple tailleur de Cracovie, Jan Tyranowski, qui le lui a fait connaître. Ce laïc, pétri de spiritualité carmélitaine et grand « dévot » de Marie, jouissait déjà de son vivant d’une réputation de sainteté. Il fut un exemple et un guide spirituel pour de nombreux jeunes, dont Karol Wojtila. Sa cause de béatification a été introduite à Rome). Très vite, cet ouvrage ne quitte plus le futur Pape. Toute sa vie, il gardera sur sa table de chevet.

Le don total de soi au Christ, par amour
Le Père de Montfort a écrit le « Traité » pour promouvoir la consécration au Christ ; Celle-ci, qui signifie tout simplement don total de soi même au Christ, par amour, n’est autre qu’une des grandes lois de la vie spirituelle, dont la fin est l’union à Dieu. Le Totus tuus est l’expression la plus simple de cette consécration, qui, chez Montfort, a une connotation mariale.

À Jésus, par Marie
Le saint rappelle en effet que Marie, par qui le Christ est venu dans le monde et qui ne fait rien d’autre que de conduire à son Fils (cf. les noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira »), peut rendre cette consécration plus agissante, si on la fait « par ses mains » de médiatrice puissante. (Elle rend aussi le chemin plus doux, ajoute le saint, ce que ne démentent pas tous ceux qui, depuis, l’ont emprunté). Il affirme aussi que Marie étant « l’écho fidèle de Dieu », « plus difficile à séparer de son Fils que la lumière ne l’est du soleil ou la chaleur du feu », se consacrer au Christ ou à sa Mère, au final (l’union à Dieu), c’est pareil. Le Totus tuus s’adresse donc indifféremment à Jésus où à Marie.

La respiration de son âme
Ce Totus tuus a occupé une place centrale dans la vie du Pape. Ces deux mots étaient pour lui beaucoup plus qu’une simple devise qui orne un blason, ou une formule que l’on récite quand on y pense. Il les répétait continuellement. « Ils étaient comme la respiration de son âme », a pu dire le Père François Marie Léthel, ocd, spécialiste de la théologie des saints. Après sa trachéotomie, ne pouvant plus parler, il les écrira. D’après le Cardinal Dziwisz, ce sont les derniers mots qu’il a prononcé avant de mourir.

Un moyen d’annoter ses manuscrits
Son procès de béatification a également montré qu’il se servait de la formule complète de consécration proposée par le Père de Montfort, pour annoter ses manuscrits. Une formule faite de quatre phrases distinctes : « Totus tuus ego sum ; et omnia mea tua sunt ; accipio te in mea omnia ; praebe mihi cor tuum, Maria ».